Journal de l'Environnement du 10.07.2008
article par Claire Avignon :
Une analyse des suicides liés au travail outre-Manche
Dans un article publié dans The British Journal of Psychiatry, une équipe de recherche de l’université de Leicester a identifié les professions où le risque de suicide est le plus important en Angleterre et au Pays de Galles. Elle conclut à un risque élevé de suicide pour les employés du BTP, certaines professions médicales et les agriculteurs.
Deux calculs ont été effectués: celui de l’indice comparatif de mortalité (SMR) qui renseigne sur la mortalité par suicide d’une profession par rapport à la population générale; et celui du ratio de mortalité proportionnelle (PMR) qui représente un excès ou un déficit d’une cause par rapport aux autres causes.
Chacun a ses avantages et inconvénients. Ainsi, un excès de suicide calculé par PMR peut signifier un risque de suicide réellement plus élevé pour une profession, mais il peut également correspondre à un déficit de morts liées à d’autres causes. Par exemple, la catégorie des étudiants représente des personnes jeunes, pour lesquelles le risque de mourir de cause naturelle est faible. La mort par suicide y est donc proportionnellement plus élevée. Quant au SMR, son utilisation est limitée du fait qu’il ne tient pas compte des autres causes de mort que le suicide.
L’étude montre «un effet protecteur du travail, quel que soit le travail», pour les femmes. En effet, à chaque profession correspond un taux de suicide plus faible que celui de la population générale des femmes anglaises et galloises (qu’elles travaillent ou non). Seuls les métiers de la santé font exception.
Concernant ces derniers, leur PMR est parmi les plus élevés -avec le métier d’agriculteur-, chez les hommes comme chez les femmes. Les dentistes hommes et les femmes vétérinares sont particulièrement touchées, de même que les infirmières des deux sexes. «Cela suggère un lien entre la profession et la connaissance et l’accès aux méthodes pour mettre fin à la vie», analysent les chercheurs dans leur article.
En conclusion, l’article souligne l’importance de développer des stratégies de prévention de suicide ciblant l’industrie de la construction.
(1) Howard Meltzer, Clare Griffiths, Anita Brock, Cleo Rooney, and Rachel Jenkins; Patterns of suicide by occupation in England and Wales: 2001–2005; The British Journal of Psychiatry, Jul 2008; 193: 73 - 76.
La Documentation Francaise - Lettre n°148 de la Bibliothèque des Rapports Publics
Rapport d'information déposé en application de l'article 145 du Règlement par la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales en conclusion des travaux de la mission sur la pénibilité du travail - Tome 1 : Rapport ; Tome 2 : Annexes
POISSON Jean-Frédéric
FRANCE. Assemblée nationale. Commission des affaires culturelles, familiales et sociales
Paris;Assemblée nationale;2008;495 pages
Dans le premier tome, le rapport dresse un état des lieux des données juridiques, économiques et sociales disponibles sur la pénibilité au travail. Il en donne tout d'abord la définition et les différentes catégories (pénibilité physique, psychique, relationnelle, subjective), les critères (liés à l'activité professionnelle, à la morbidité, à l'espérance de vie).
Il propose huit mesures de prévention de la pénibilité (organisation d'une campagne de prévention, renforcement de la formation de l'encadrement aux problèmes de la pénibilité, augmentation de la présence et du rôle des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, adaptation des postes de travail...).
Il examine les moyens de compenser la pénibilité au travail (compensation financière, gestion de fin de carrière, droits à pension de retraite, départ à la retraite anticipé...).
Le second tome est consacré aux annexes (liste des personnes auditionnées, propositions d'accord du patronat et de la CGT sur la pénibilité, rapports, articles et études sur le sujet...) :
consulter le rapport (pdf)
La formation des managers et ingénieurs en santé au travail : douze propositions pour la développer
DAB William
FRANCE. Ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité; FRANCE. Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
Paris;Ministère du travail, des relations sociales et de la solidarité;2008;79 pages
A la suite de la conférence sociale sur les conditions de travail du 4 octobre 2007, qui a notamment permis, en concertation avec les partenaires sociaux, de proposer un ensemble d'actions destinées à améliorer les conditions de travail et à lutter contre les risques qui pèsent sur la santé des salariés (stress au travail, troubles musculo-squelettiques, etc.), le professeur William Dab a été chargé de coordonner l'élaboration d'un ou de plusieurs référentiels de formation sur la santé-sécurité au travail et les conditions de travail dans les programmes de grandes écoles formant les futurs cadres et concepteurs de l'entreprise. Sur la base de nombreuses auditions, le rapport avance douze propositions pour sensibiliser et former les personnels d'encadrement. De nombreuses annexes illustrent ce rapport, notamment différentes contributions et réflexions de professionnels concernés par la santé-sécurité au travail.
consulter le rapport (pdf)
synthèse du rapport en 7 pages (pdf)
Journal de l'Environnement du 08.07.2008
article par Claire Avignon :
Un premier accord européen sur le système global harmonisé
Un accord a été approuvé par le comité des représentants permanents (Coreper) concernant le règlement qui doit permettre à l’Union européenne de s’adapter au système global harmonisé (SGH) sur la classification, l’étiquetage et l’emballage des produits chimiques. Le texte adopté par les 27 représentants des Etats membres date du 27 juin. Il a été annoncé le 7 juillet par la Direction générale (DG) des entreprises et de l’industrie de la Commission européenne.
Le SGH consiste en une harmonisation mondiale des informations disponibles sur les substances chimiques. Orchestré par les Nations unies, il avait été décidé en 1992 lors de la conférence de Rio. Le système devrait devenir obligatoire au 1er décembre 2010 pour les substances, et au 1er juin 2015 pour les mélanges (terme qui remplace celui de «préparations»). Le carré sur fond orangé étiqueté sur les produits dangereux (inflammables, toxiques, corrosifs, etc.) disparaîtra au profit d’un losange sur fond blanc, entouré d’un liseré rouge.
L’accord des représentants des Etats membres intervient à la suite d’une série de réunions informelles avec le Parlement et la Commission. La première lecture de ce règlement par les eurodéputés doit avoir lieu le 3 septembre.
Journal de l'Environnement du 08.07.2008
article par Agnès Ginestet:
Des matrices pour évaluer l’exposition aux pesticides
Dans le cadre du programme Matphyto, l’Institut de veille sanitaire (InVS) vient de publier un document exposant la méthodologie pour définir des matrices cultures-expositions aux pesticides dans le milieu agricole, ainsi que leurs caractéristiques et modalités d’application. Ces matrices, détaillées par familles chimiques et matières actives, permettent de retracer les expositions auxquelles ont été soumis des travailleurs dans le passé, lorsque des données individuelles sur l’hygiène industrielle et la surveillance biologique ne sont pas disponibles.
Pour chaque type de culture (maïs, vigne…), les matrices précisent les principaux produits et substances actives qui ont pu être employés, avec trois indices d’exposition: la probabilité d’utilisation par un professionnel à une époque donnée, la fréquence d’utilisation sur une parcelle donnée, et l’intensité d’exposition.
«Les applications de ces matrices permettront de décrire la prévalence des expositions, d’aider à l’identification des expositions professionnelles passées pouvant être utile à la prise en charge médico-sociale, ou encore d’aider à l’évaluation individualisée des expositions lors d’études épidémiologiques», souligne l’InVS.
lien vers le site de l'InVS
rapport MATPHYTO (pdf)
Journal de l'Environnement du 07.07.2008
article par Claire Avignon :
Certains travailleurs davantage touchés par l’obésité
Chauffeurs, contremaîtres, agents de maîtrise: ces catégories socioprofessionnelles, sont davantage victimes de surpoids ou d’obésité, ainsi que les femmes ouvrières, indique un rapport (1) publié jeudi 3 juillet sur le site de l’Institut de veille sanitaire (InVS). L’étude à l’origine de ces conclusions, réalisée par les médecins du travail entre avril 2004 et janvier 2007, portait sur des salariés habitant en Haute-Normandie, une région particulièrement concernée par ce problème de santé publique.
Les salariés recevant une indemnité forfaitaire de la part de leur employeur pour le repas de midi sont plus souvent en surpoids ou obèses que l’ensemble des salariés, concluent également les auteurs du rapport. Et les salariés travaillant dans une entreprise de 100 à 299 salariés sont plus souvent en surpoids ou obèses.
En revanche, l’étude ne lie le surpoids et l’obésité ni avec les horaires de travail ni avec la composition du repas de midi.
(1) «Evaluation d’une action d’orientation et de conseils nutritionnels des médecins du travail auprès de salariés en surpoids ou obèses en Haute-Normandie»
rapport de l'InVs (pdf)
Journal de l'Environnement du 07.07.2008
article par Claire Avignon :
L’InVS veille à la santé mentale des travailleurs
Au moment où les négociations entre les partenaires sociaux et l’Etat sur la prise en compte des risques psycho-sociaux au travail (stress, troubles musculosquelettiques, suicides, etc.) battent leur plein, l’Institut de veille sanitaire (InVS) revient, dans son rapport d’activités de 2007, sur la question de la santé mentale des travailleurs. Mis en ligne le 3 juillet, le document revient sur le programme Samotrace lancé en 2006 qui vise à déterminer la fréquence des troubles mentaux selon le type d’emplois et leur évolution au cours du temps, et à identifier les expositions à des facteurs de risque reconnus ou supposés.
Le programme concerne les régions Centre, Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes, ainsi que les départements du Rhône et de l’Isère. Il s’agit de la phase pilote du futur système national de surveillance épidémiologique de la santé mentale en lien avec le travail.
Selon les premiers résultats, avec une moyenne de 7 sur 9, la santé perçue est plutôt bonne. Toutefois, 24 % des hommes et 37 % des femmes présentent un mal-être (mesuré par le questionnaire standardisé GHQ28). Par ailleurs, 8 % des salariés prennent des psychotropes (12 % des femmes et 5 % des hommes), tandis que 9,6 % des hommes et 2,2 % des femmes présentent une consommation excessive ou dépendance alcoolique (mesurée par le questionnaire Deta).
10 % des hommes et 3 % des femmes déclarent que leurs horaires habituels ne leur permettent pas de dormir la nuit et 7 % indiquent travailler au rendement. 16 % des salariés déclarent avoir été victimes d’intimidations, de menaces ou d’humiliations au moins une fois au cours des 12 derniers mois, 12 % indiquent avoir été contraints de travailler au moins une fois d’une façon «contraire à leur conscience» au cours de la même période.
Dans certains secteurs (production d’électricité, de gaz et d’eau, commerce chez les hommes, immobilier chez les femmes), plus de 60 % se déclarent exposés à une forte pression psychologique, notamment les cadres. Au contraire, la latitude décisionnelle est faible chez les ouvriers, donc facteur de stress, et plus forte chez les cadres.
résultats intermédiaire (pdf)
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