Lettre de l'INRS : juillet-août 2008
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Newsletter n°60 de Lamy-liaisons sociales :
Les orientations du gouvernement pour réformer la médecine du travail
Le ministère du Travail vient de transmettre aux partenaires sociaux ses « orientations pour la poursuite de la réforme de la médecine du travail ». Ces propositions doivent être soumises à la concertation le 27 juin, lors de la deuxième conférence gouvernementale sur les conditions de travail.
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Risque routier : Les entreprises prennent le virage de la prévention
Alors que la moitié des accidents mortels du travail sont des accidents de la route, la prévention du risque routier a, pendant longtemps, été mise en jachère. Une période qui semble révolue. Les entreprises abordent désormais cette question en mettant
en œuvre des démarches préventives globales.
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Journal de l'Environnement du 10.06.2008
article par Claire Avignon :
Les heures sup associées à l’anxiété et la dépression
Des chercheurs de l’université norvégienne de Bergen (1) ont comparé 1.350 travailleurs effectuant des heures supplémentaires à un groupe témoin de 9.092 travailleurs. Dans une étude parue dans le numéro de juin du Journal of occupational and environmental medicine, ils montrent que les premiers, quel que soit leur sexe, ont un risque significativement plus élevé de souffrir d’anxiété et de dépression que les salariés qui effectuent des horaires normaux. «Ces résultats suggèrent une relation ‘dose-réponse’ entre les heures de travail et l’anxiété ou la dépression», conclut l’équipe scandinave, c’est-à-dire que le risque augmente avec le nombre d’heures sup effectuées. Les résultats diffèrent de manière importante selon plusieurs facteurs, notamment les revenus et le travail manuel lourd.
Une précédente étude de l’université du Massachussetts portant sur 10.793 Américains avait conclu que travailler plus de 12 heures par jour -au lieu d’horaires normaux- augmentait le risque de blessure ou de maladie de 37%, et travailler plus de 60 heures par semaine l’augmentait de 23%. Et ce, quels que soient la dangerosité du travail ou le temps de trajet travail-maison.
(1) Journal of Occupational & Environmental Medicine. 50(6):658-666, June 2008.
Kleppa, Elisabeth MD; Sanne, Bjarte MD, PhD; Tell, Grethe S. PhD, MPD
Journal de l'Environnement du 10.06.2008
article par Agnès Ginestet :
Nettoyage à sec: guide sur l’exposition des salariés
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a publié sur son site un guide intitulé «L’activité de nettoyage à sec» qui concerne les risques physiques auxquels sont confrontés les travailleurs de pressing, mais surtout leur exposition à un solvant dangereux: le perchloroéthylène. Le document s’adresse notamment aux chefs d’entreprise et aux médecins du travail afin qu’ils réalisent une évaluation des risques, et expose les moyens de prévention à mettre en place. Il s’appuie sur un autre document élaboré entre autres par la Caisse régionale d’assurance maladie (Cram) Ile-de-France et l’Association interprofessionnelle des centres médicaux et sociaux (ACMS) de la région Ile-de-France.
Le guide de l’INRS présente par ailleurs des perspectives d’évolution en matière de technologies de substitution, comme le nettoyage à l’eau, ou bien aux hydrocarbures (qui aurait une moindre toxicité que le nettoyage au perchloroéthylène).
Les risques liés au «perchlo» sont l’une des priorités de l’inspection des installations classées pour l’année 2008, à cause des vapeurs de solvant qui peuvent polluer les habitations situées au-dessus des pressings.
Newsletter n° 303 du Panorama de l'actualité Internet dans le domaine de la Sécurité sociale :
Des avancées lors de la 3ème réunion de négociation sur le stress au travail
04/06/08 - Les partenaires sociaux se sont retrouvés, mercredi 4 juin, pour une troisième séance de discussion sur le stress au travail. Syndicats et patronat restaient certes divisés sur la définition du stress, question clef de cette négociation visant à transcrire en droit français l'accord-cadre européen de 2004 sur la détection et la prévention du stress au travail, qui stipule que "si un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l'éliminer ou le réduire". Les syndicats reconnaissaient de notables avancées dans le texte présenté par le patronat et discuté en séance, même si des points restent selon eux à améliorer. "Les employeurs semblent accepter de reprendre des amendements syndicaux qui vont plus loin que le texte européen", rapporte Jean-François Naton (CGT). Tous les syndicats demandent que l'accord soit un accord-cadre, ensuite décliné en accords de branche et d'entreprises, qui ne pourront déroger que s'ils sont plus favorables aux salariés. Bernard Salengro (CFE-CGC) a regretté que le texte écarte la reconnaissance du stress comme maladie professionnelle. "Nos points de vue sont en train de se rapprocher", s'est félicité Jean-Louis Malys (CFDT), qui espère boucler comme prévu la négociation le 2 juillet prochain.
Dépêche Afp
TMS. Un enjeu majeur de santé au travail
04/06/08 - Ce site créé par la CRAM d'Alsace-Moselle propose des informations générales sur les troubles musculo-squelettiques ainsi qu'un forum qui permet notamment aux internautes d'échanger leurs avis sur la récente campagne nationale de sensibilisation consacrée aux TMS.
http://www.cram-alsace-moselle.fr/editorial/
Journal de l'Environnement du 04.06.2008
article par Claire Avignon :
Nanotubes de carbone: les chercheurs restent prudents
Une équipe de l’Institut de médecine du travail d’Edinbourg vient de publier un article dans la revue Nature Nanotechnology selon lequel l’exposition de souris à des nanotubes de carbone (NTC) conduit à une réaction cellulaire qui, à long terme, peut entraîner l’apparition d’un mésothéliome (1). Ils confirment de précédents travaux de chercheurs japonais parus dans The Journal of toxicological sciences en février (2).
Les NTC forment l'un des 4 états organisés connus du carbone, avec le graphite, le diamant et les fullerènes (molécules en forme de ballons de football). Formés d'une ou plusieurs parois concentriques où les atomes de carbone sont organisés en réseaux d'hexagones, ils sont utilisés pour fabriquer des articles de sport, des écrans plats, des pneumatiques, etc.
«Les images et les résultats obtenus par l’équipe d’Edinbourg sont assez spectaculaires, analyse Francelyne Marano, toxicologue. Mais, attention: ce n’est pas une étude de cancérogénèse. Et il faut être extrêmement prudent, car les souris ont été exposées aux nanotubes de carbone par injection péritonéale, et non par inhalation.»
Or l’inhalation est la principale voie d’exposition soupçonnée. Et l’on ne sait pas encore si cette exposition implique un risque pour l’homme. «On évalue encore mal le passage de la barrière. Des travaux récents sur les nanoparticules estiment qu’environ 1% d’une dose est inhalée. Mais l’on ne dispose pas encore d’informations sur les NTC», continue Francelyne Marano. «On sait qu’ils vont jusqu’aux poumons chez les animaux, mais personne n’a encore vérifié s’ils allaient jusqu’à la plèvre. Or, le mésothéliome est un cancer de la plèvre», précise Jorge Boczkowski, directeur de recherche à l’Inserm.
Pour le chercheur, «les effets sanitaires des NTC sont un domaine nouveau, et ils dépendent beaucoup de leurs caractéristiques physiques comme leur longueur, la présence d’impuretés, de défauts. Il est donc difficile de parler de ces produits d’une manière générale». Ainsi, l’article paru dans Nature Nanotechnology conclut à un risque accru de réaction inflammatoire qui augmente avec la longueur des NTC «multi-parois» testés, et qui est comparée à la réaction provoquée par des fibres d’amiante. De son côté, l’équipe de Dominique Lison de l’université catholique de Louvain a exclusivement étudié des «NTC multi-parois synthétisés par décomposition d’hydrocarbures sur des catalyseurs (cobalt, fer) supportés sur une couche d’alumine». Elle a observé des «activité inflammatoires et génotoxiques en grande partie expliquées par la présence de défauts dans la structure des NTC», mais pas d’«activité cancérogène franche», «contrairement aux fibres d’amiante». Ces résultats belges ont été présentés lors des rencontres scientifiques du 7 mai de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset).
Bien que très peu de données soient encore validées, la plupart des chercheurs demandent une protection et une surveillance des travailleurs exposés.
(1) Craig A. Poland, Rodger Duffin, Ian Kinloch, Andrew Maynard, William A. H. Wallace, Anthony Seaton, Vicki Stone, Simon Brown, William MacNee & Ken Donaldson: «Carbon nanotubes introduced into the abdominal cavity of mice show asbestos-like pathogenicity in a pilot study»: Nature Nanotechnology, Published online: 20 May 2008
(2) Atsuya Takagi, Akihiko Hirose, Tetsuji Nishimura, Nobutaka Fukumori, Akio Ogata, Norio Ohashi, Satoshi Kitajima and Jun Kanno: «Induction of mesothelioma in p53+/− mouse by intraperitoneal application of multi-wall carbon nanotube»: J. Toxicol. Sci., Vol. 33: No. 1, 105-116. (2008)
Journal de l'Environnement du 03.06.2008
article par Claire Avignon :
Un député se penche sur la pénibilité au travail
Jean-Frédéric Poison, député UMP et chef d’entreprise, a remis le 27 mai un rapport qui présente une série de propositions sur la pénibilité au travail. Les pistes comprennent la réforme du document unique, l’étude de la mise en place d’un «curriculum laboris», qui reprendrait l’histoire des expositions professionnelles de chaque travailleur, et la possibilité d’une réduction de temps de travail en fin de carrière ou d’un départ anticipé.
Selon l’opposition à l’Assemblée nationale, le rapport, véritable «occasion manquée», est une «source de confusion sur la notion de pénibilité, et risque de fragiliser les chances de parvenir à un accord entre les partenaires sociaux dans le cadre de la négociation interprofessionnelle en cours». Au contraire, pour le député UMP de l’Ain Xavier Breton, les «propositions sont intéressantes et témoignent d’un souci de souplesse et de pragmatisme».
Rapport parlementaire sur la pénibilité au travail
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