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mise à jour :
11 juillet 2008


Site des Internes en Médecine du Travail de Marseille vers la page d'accueil du site des Internes en Médecine du Travail de Marseille

News (suite)

Journal de l'Environnement du 12.02.2008
article par Claire Avignon:

Santé des ouvriers du BTP: des plus et des moins

Si l’on compare avec les autres secteurs d’activité, les ouvriers du bâtiment sont davantage exposés: aux intempéries (1 ouvrier sur 3 travaille plus de 20 heures par semaine à l’extérieur) et aux produits chimiques (8 ouvriers sur 10 exposés à au moins un produit chimique, contre 6 sur 10 dans l’industrie). Ils portent aussi plus souvent des charges lourdes: 63% en soulèvent au moins deux heures par semaine et 1 sur 5 pendant au moins 20 heures. Et ils sont 2 à 3 fois plus exposés aux vibrations des membres supérieurs que les autres ouvriers, les monteurs et les charpentiers y sont même 4 fois plus exposés. Si ce constat dressé par la Direction de l'animation et de la recherche des études et des statistiques (Dares) du ministère chargé du travail n’est pas surprenant, il n’en est pas moins inquiétant pour la santé de ces travailleurs.

Toutefois, indique la Dares,  l’organisation du travail des ouvriers du bâtiment est moins contraignante en moyenne, et ils déclarent disposer de plus de latitude décisionnelle et de soutien social au sein de l’entreprise que les ouvriers des autres secteurs.

En 2003, le secteur du BTP employait 1,3 million de salariés, essentiellement de sexe masculin.

Lien vers l'étude de la DARES

 

Journal de l'Environnement du 11.02.2008
article par Cendrine Herbeaux :

Protection des jeunes au travail: vers une refonte de la réglementation

La réglementation en vigueur, prévue aux articles L. 234-1 et R. 234-11 et suivants du code, précise les travaux interdits à ces jeunes ainsi que les conditions de délivrance de la dérogation à ces interdictions pour les besoins de formation professionnelle des apprentis et des élèves. Ces dispositions ne sont pas applicables à l'ensemble des jeunes accueillis dans les établissements sociaux et médico-sociaux et dans les établissements et services conventionnés ou habilités par la protection judiciaire de la jeunesse, et ce, bien qu'ils soient susceptibles d'utiliser, dans le cadre de leur formation professionnelle, des machines, appareils ou produits prohibés par ces dispositions.

En effet, l'article L. 321-1 du Code du travail, qui précise que le titre III du livre II (Hygiène, sécurité et conditions de travail) de ce code est applicable aux ateliers des établissements publics dispensant un enseignement technique ou professionnel, ne vise pas l'ensemble des établissements concernés par l'instruction.

Afin d'y remédier, l'instruction indique qu'il est prévu, dans la perspective de la refonte de l'ensemble de la réglementation relative à la protection des jeunes au travail et conformément à la directive 94/33/CE du 22 juin 1994, relative à la protection des jeunes au travail, d'étendre l'application des dispositions de protection des jeunes à tous les publics de jeunes en formation professionnelle, et ce, quel que soit leur statut, dans un souci d'égalité de traitement.

Pour rappel, une circulaire DGT n° 4 du 1er février 2007 précise les modalités d'octroi de la dérogation prévue par l'article R. 234-22 du Code. Cette circulaire a été complétée par une circulaire du 24 mai 2007 étandant la dérogation aux classes d'enseignements technologiques.

Source : Instruction DGT-DPJJ-DGAS du 28 décembre 2007 relative à la protection des jeunes accueillis dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux visés à l'article L. 312-1 du Code de l'action sociale et des familles, ainsi que les établissements et services conventionnés ou habilités par la protection judiciaire de la jeunesse, non publiée

 


Journal de l'Environnement du 06.02.2008
article par Claire Avignon:


Maux de dos: la prévention au travail inefficace

Conseiller aux travailleurs de plier les genoux et de garder le dos droit lorsqu’ils portent une charge lourde ou tout autre type de formation n’évite pas les lombalgies. C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs finlandais qui a étudié 11 articles scientifiques sur le sujet. Ses travaux ont été publiés le 31 janvier dans le British medical journal.

Les techniques de prévention ne réduisent pas le risque de lombalgies, ou bien la formation ne réussit pas à modifier les comportements des travailleurs? L’étude finlandaise ne permet pas de le préciser. Autre hypothèse: les maux de dos seraient dus à d’autres facteurs professionnels que les charges lourdes, comme une mauvaise posture en dehors des opérations de manutention, ou bien une tension nerveuse due à des raisons psychosociales.

Dans un commentaire à l’article, des scientifiques danois qualifient ces résultats de «décevants» mais «peu surprenants».

Les douleurs dorsales affectent entre 18 et 45% de la population occidentale adulte. Elles correspondent à un coût estimé entre 200 et 400 euros par personne et par an. Les personnes qui accomplissent un travail physique sont particulièrement touchées.

 

Lettre de l'INRS : février 2008
lien pdf



Journal de l'Environnement du 28.01.2008
article par Agnes Ginestet :

«Il n’y a pas de preuve que tel pesticide est un agent causal de cancer»

L’enseignant-chercheur Pierre Lebailly fait partie du groupe régional d'études sur le cancer (Grecan) de l'université de Caen (Calvados), qui étudie notamment les facteurs environnementaux de risque de cancers. Il fait ici un point sur les connaissances concernant le lien entre exposition aux pesticides et apparition de certains types de cancers.

Depuis quand existe-t-il des soupçons quant à l’impact des pesticides sur la santé?
Depuis la fin des années 1970/début des années 1980, lorsque les premières données géographiques ont été publiées en Amérique du Nord. Pour certains cancers, le profil de risque de mortalité dans le Middle West, «grenier à blé» des Etats-Unis, apparaissait différent de celui des milieux citadins sur les zones côtières.

Et particulièrement au sein de la profession agricole?
Les premières études épidémiologiques menées chez les agriculteurs, publiées entre 1975 et 1979, ont montré moins de cancers liés au tabagisme (poumon, gorge….), mais plus de cancers de la prostate, du sang, des lèvres et de l’estomac, ainsi que des tumeurs cérébrales.
Quels sont les facteurs de risque favorisant ce type de maladies?
Notre équipe a réalisé, en collaboration avec d’autres laboratoires (1), la première étude française de métrologie sur les pesticides. La France en effet n’est pas moteur dans la façon de quantifier, au contraire des Scandinaves et des Américains. Il s’agissait de décrire et mesurer la contamination externe, sur la peau et/ou la tenue de travail par les pesticides utilisés. Les résultats ont montré que l’exposition n’augmente pas avec la surface de culture traitée avec des pesticides, quel que soit le contexte (céréalier ou viticulteur, pendant la phase de préparation du produit pesticide ou lors de son application sur le terrain par exemple), ce qui va à l’encontre de ce qui a été publié dans la littérature épidémiologique. Il n’y aurait pas non plus de lien avec la quantité de produit manipulée, mais ce qui est en cause, c’est le type de matériel et le nombre de phases de préparation ou d’application réalisées dans la journée.

Certains particuliers qui appliquent souvent des pesticides dans leur jardin sont donc susceptibles d’être aussi exposés que des agriculteurs?
En effet.

Quels sont les types de pesticides reconnus comme pouvant entraîner l’apparition de cancers si l’on y est trop exposé?
Selon moi, il n’existe pas de preuve que tel pesticide est un agent causal de cancer, hormis les composés arseniés interdits en viticulture en France, mais dont des dérivés sont toujours présents dans certains produits anti-fourmis vendus dans les jardineries. Sinon, il n’y a de consensus sur aucune famille chimique, même si certaines sont suspectées. En Suède, par exemple, un produit de la famille des hormones de synthèse, le 2,4,5 T (acide 2,4,5-trichlorophénoxyacétique), a été retiré du marché, et le nombre de nouveaux cas de lymphomes a diminué. Mais pour moi, ce n’est pas une preuve suffisante de lien de cause à effet!

Porter un équipement de protection permet-il de réduire son exposition aux pesticides?
Pour les défenseurs des pesticides, le risque est effectivement gérable. Mais on se leurre en pensant qu’il y a une solution technique. On dit depuis 20 ans qu’il faut se protéger, mais cela ne fonctionne pas. Sur le terrain, les agriculteurs ne se protègent pas contre les pesticides, ou peu, et ensuite, il est très difficile de gérer correctement une protection individuelle en milieu ouvert et pour ce type de tâches. Déjà, dans les hôpitaux, qui sont des milieux fermés, on a du mal à gérer les risques de contamination du personnel. L’exposition n’est donc pas réduite à zéro en portant un équipement de protection.

Pouvez-vous préciser le but d’Agrican, cette étude lancée en 2005 destinée à connaître le risque de cancer en milieu agricole en France?
Elle apporte une réponse à une étude menée depuis les années 1990 en Caroline du Nord (Etats-Unis) par le National cancer institute, sur des agriculteurs utilisateurs de pesticides. Nous nous sommes dit qu’il serait intéressant d’avoir des données françaises sur le même sujet en ajoutant des éléments complémentaires. Il s’agit notamment de mieux connaître l’effet de l’utilisation de fongicides ou d’autres expositions que les pesticides (dont l’élevage).

Agrican sintéresse à des départements qui ont des registres de cancers et qui, par chance, sont aussi des territoires représentatifs de l’agriculture française métropolitaine. Grâce à l’assurance-maladie spécifique du secteur agricole (MSA), nous allons suivre les actifs, mais aussi les retraités. Plusieurs types d’activités sont représentés, et pas seulement celle des utilisateurs de pesticides. A partir de novembre 2005, 570.000 questionnaires ont été envoyés, et 200.000 personnes ont répondu, contre 100.000 aux Etats-Unis. On obtiendra sans doute beaucoup de données complémentaires à celles obtenues outre-Atlantique et qui seront discutées et comparées au sein d’un consortium international regroupant 6 pays.

Comment jugez-vous l’état des connaissances sur le sujet cancers et pesticides en France?
Il y a du retard en termes de veille sanitaire, d’études épidémiologiques, de recueil d’informations sur l’exposition. Il y a aussi trop de données sur les pesticides dans l’eau, et pas beaucoup par exemple sur les pesticides dans les aliments. Au Grecan, nous avons une approche transdisciplinaire et globale de la relation entre pesticides et cancers. Nous avons constaté que les questionnaires habituellement utilisés pour déterminer l’exposition des agriculteurs aux pesticides ne prennent pas, ou très peu, en compte le type de matériel utilisé, de culture travaillée, et les tâches effectuées (préparation pour des cultures sous serre ou de grandes cultures…). Il faut améliorer la façon de mesurer l’exposition en milieu agricole, et celle dont on pose les questions sur ce qu’utilisent les agriculteurs, car il y a des erreurs et des oublis. Nous mettons actuellement au point une «matrice», qui permettra de donner une probabilité d’utilisation selon l’année et la région à laquelle un agriculteur nous aura indiqué avoir utilisé des pesticides sur une culture donnée, et nous allons commencer à l’utiliser cette année.

Estimez-vous que les recherches sur cancers et pesticides sont suffisamment incitées et aidées en France?
C’est un sujet à la mode. En revanche, il y a 10 ou 12 ans, c’est avec difficulté et grâce à des associations caritatives que nous avons obtenu environ 100.000 euros pour développer une étude. A l’époque, il n’y avait pas d’agence sanitaire. Pour Agrican, on a obtenu plus d’un million d’euros. Il y a maintenant des appels d’offre en épidémiologie, ce qui n’existait pas à l’époque. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment augmenter la formation en épidémiologie et en santé publique (dans les cursus des disciplines médicales mais aussi au niveau des thèses de sciences) et inciter à la création de nouvelles équipes de recherche mieux réparties sur tout le territoire et avec davantage de moyens humains.

(1) le laboratoire santé travail et environnement de l’université Victor Segalen à Bordeaux, et des laboratoires analytiques, dont le Laboratoire Frank Duncombe de Caen (pour les dosages de pesticides)


Journal de l'Environnement du 28.01.2008
article par Claire Avignon:

Comment le stress agit sur le cœur

Une équipe de chercheurs vient de mettre en évidence les mécanismes qui lient le stress au travail à l’apparition de maladies coronariennes. Publié dans la revue The European Heart Journal le 23 janvier, l’article scientifique fait partie d’une grande étude, appelée «Whitehall study», qui a suivi 10.308 britanniques pendant 12 ans.

Il montre une association entre le stress chronique au travail et les maladies coronariennes. Pour les personnes de moins de 50 ans, le risque de souffrir de cette affection du cœur chez les individus soumis à un stress professionnel est 68% plus élevé que chez ceux qui ne déclarent pas de stress.

Concernant le mécanisme en lui-même, les chercheurs ont trouvé que les travailleurs souffrant de stress ont une variabilité de la fréquence cardiaque et un tonus vagal plus faibles que les autres. Selon l’étude, le stress a des effets directs sur l’apparition de maladies cardiaques, et non pas indirects via des comportementaux alimentaires perturbés, ou bien la consommation d’alcool ou de tabac.

 

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